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Un accident, un !

Fallait bien que ça arrive un jour. En deux ans et demi, je n’avais jamais eu d’accident. 10 256 kilomètres parcourus et pas une égratignure, pas un bleu, pas une cloque, pas une fracture, pas une… Rien, nada. Cet après-midi, je n’ai pas eu de chance ; j’ai goûté le goudron. Bordel, il était brûlant.

En enfilant mes chaussettes ce matin, je n’aurais jamais imaginé un tel scénario. Ma journée a basculé en une seconde. Une toute minuscule petite seconde. Ce matin, en tartinant ma biscotte la tête dans le cul, j’ai pris une mauvaise décision. Je n’aurais jamais du la prendre. En même temps, je ne pouvais pas savoir ce qui allait se passer.

« Tiens, il fait beau, j’irai bien faire un tour de vélo cet aprem' »

Merde. Pourquoi ai-je fait ce choix ? S’il avait plu, ma journée se serait passée différemment. J’me serais maté un ou deux films, j’aurais écrit des articles, je me serais goinfré comme une truie enceinte… et je n’aurais pas eu d’accident. Finalement, chaque décision a son importance. Effrayant.

Après un repas exquis (salade + sandwich, miam…), j’ai commencé à me préparer pour ma sortie hebdomadaire. Comme d’habitude, j’ai préparé ma gourde, j’ai sorti ma panoplie de vêtements, je me suis mis à poil, j’ai mis du déo, j’ai fait 40,5 pompes, j’ai mangé une banane, j’ai gonflé le vélo (toujours nu), je me suis habillé, j’ai mis mes chaussures et j’ai sorti la bécane.

Pendant 60 kilomètres, je vivais dans le monde des bisounours. Les cyclistes étaient sympathiques, les voitures faisaient attention, le soleil était rayonnant, le vent n’était pas trop fort… Une balade agréable et sans problème quoi. Bien sûr, tu te doutes que ce monde merveilleux ne fut pas éternel. A un moment, ça va péter. Hé ouais, ça a pété, 300 mètres plus loin. Je roulais à 38 km/h en position contre-la-montre (oui, j’aime flatter mon égo en imitant les professionnels), le vent soufflait 3/4 face et… Vladadam. Une voiture est sorti de son allée en marche arrière et m’a heurté de plein fouet. La conne. Je me suis pris le pare-choc dans la jambe droite et je me suis étalé comme une véritable merde. J’ai rien vu venir. Mon bras, ma tête, ma jambe… Ces trois gaillards n’ont pas eu de chance. Allongé sur le sol, j’ai mis 30 secondes pour savoir où j’avais atterri et comprendre que j’avais fait une Johnny Hoogerland. En moins grave, bien sûr.

« Mec, ça va ?! Relève-toi ! »

Une voix grave me criait dans les oreilles. Sûrement le salopard qui m’avait renversé. Je me suis relevé doucement, éraflé de partout. Oui, c’était bien ce salopard qui me criait dessus. Je m’attendais pas à un gabarit aussi… important. Imagine le personnage : black, environ 1m90, au moins 100 kg. Putain, j’avais l’air con à côté. Je préfère pas imaginer ce qu’il a dans le calbute, le salaud. Mais tu sais, dans ces moments là, ce genre de détails n’a pas d’importance. J’avais juste envie de lui péter les rotules et de lui scalper la tronche. Fou de rage, je lui ai sorti une tête à la De Niro et j’ai commencé à lui gueuler dessus. Mon coeur devait battre à 300 par minute, minimum.

Moi: putain !! Enfoiré !! Tu peux pas faire attention ?!

Black Mamba : oh mec, j’suis trop désolé !

Moi: mais tu regardes pas avant de reculer ?? C’est quoi ce délire ?

Black Mamba : j’ai pas fait attention, j’étais au téléphone avec ma femme.

Moi : j’en ai rien à foutre, t’as vu dans quel état je suis ?!

Black Mamba : elle est enceinte donc…

Moi: je m’en tape j’viens de te dire, c’est pas mes affaires.

Je me suis regardé dans la vitrine de cette satanée 206.

Moi: t’as vu ma tronche ?! J’suis éraflé de partout !

Black Mamba : j’ai vu… c’est pas beau à voir. Tu veux rentrer pour te soigner ?

Moi : et puis quoi encore ? tu veux qu’on se mate High School Musical aussi ? J’vais rentrer comme ça.

Black Mamba : t’es sûr ?

Moi: oui c’est bon, j’suis pas une tafiole.

On a continué comme ça pendant deux ou trois minutes. Finalement, je suis remonté sur ma bécane et j’ai terminé ma « balade » tranquillou, la rage au ventre. Heureusement, le vélo n’a rien. Ouf, il m’a quand même coûté 1500 balles. Quant à moi, c’est pas jojo mais ça aurait pu être plus grave. J’ai rien de pété, c’est le principal.
J’te dis pas la tronche de Mère-casse-pied quand je suis rentré à la maison. Elle voulait même m’emmener à l’hôpital… J’ai du – encore – hausser le ton pour lui faire comprendre que j’étais de retour dans le monde des bisounours.

D’un côté, c’était un mal pour un bien. Cette chute m’a ouvert les yeux et m’a permis de comprendre quatre choses.

Conclusion n°1 : je ne suis pas invincible. Je commençais à me croire intouchable sur mon vélo, comme si j’étais protégé 24/24 par Dieu tout puissant en personne.

Conclusion n°2 : notre vie peut basculer à tout moment. Une décision, aussi minime soit-elle, peut engendrer tout un à tas de choses. Nous passons notre vie à vouloir trouver un travail, gagner de l’argent, être le meilleur… et nous délaissons le plus important. Nous ne profitons pas assez de l’essentiel, comme la famille, les amis… Cette année, combien de fois as-tu dit à tes proches que tu les aimais et que tu appréciais leur compagnie ? Moi, aucune. Notre vie peut s’arrêter du jour au lendemain, sans crier gare. Les accidents arrivent, les maladies s’attrapent… Profitons de tous ces instants uniques.

Conclusion n°3 : à l’avenir, je roulerai au milieu de la route.

Conclusion n° 4 : les potes vont se foutre de ma gueule à la rentrée.

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  1. Le Gounjou
    1 septembre 2011 à 21:56

    Plus de peur que de mal, ouf.

    T’es si amoché que ça pour arriver à la conclusion n°4 ?

    • 1 septembre 2011 à 22:28

      Yep, j’ai pas mal d’éraflures sur la joue gauche. C’est plutôt moche.
      Espérons que ça s’en aille rapido.

      • Le Gounjou
        1 septembre 2011 à 22:41

        Si ça fait bad boy qui s’est fritté à la sortie pour les beaux yeux de sa damoiselle, alors ça va.

      • 1 septembre 2011 à 23:31

        Ouais, si on voit ça comme ça, c’est sûr que ça envoie du pâté.

  2. Le Gounjou
    1 septembre 2011 à 23:36

    « ça envoie du pâté ».

    ‘Tain, quand ai-je entendu cette expression pour la dernière fois ?

    • 1 septembre 2011 à 23:54

      Righ here maybe.
      Les expressions peu utilisées sont les plus belles. Enfin presque.

      • Le Gounjou
        2 septembre 2011 à 00:02

        Ou comment placer une vieille expression au milieu d’un article te parlant de bogosses.

      • 2 septembre 2011 à 00:25

        Elles sont super mes expressions. Nan mais oh !

  3. 2 septembre 2011 à 00:42

    Il y a des connards partout malheureusement ! C’est pas supposé être interdit le tel au volant ? Ah oui je disais connard ! Me semblait aussi…

    Content que tu n’es rien eu de grave et que ton vélo s’en sorte vivant aussi 😉

    • 2 septembre 2011 à 01:03

      Oui, on en croise tous les jours… Malheureusement.
      Merci Vladyl 😉

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